Tout savoir sur la grossesse nerveuse

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Prise de poids, poitrine enflée, absence de règles, nausées, fatigue… Tous les symptômes d’une grossesse sont là, pourtant tous les tests sont négatifs. On parle dans ce cas de grossesse nerveuse, un trouble psychosomatique qui touche des femmes de tous les âges. Notre point sur la grossesse nerveuse : symptômes, diagnostic, traitements.

Qu’est-ce qu’une grossesse nerveuse ?

On parle de « grossesse nerveuse » lorsqu’une femme développe plusieurs symptômes cohérents avec une grossesse, alors qu’elle n’est pas enceinte.

Il ne s’agit pas d’une maladie au terme clinique du terme, mais plutôt d’un trouble psychosomatique, d’où son appellation de « grossesse nerveuse ». Une femme qui développe une grossesse nerveuse est donc convaincue d’être enceinte et en présente tous les symptômes, malgré l’absence de fécondation et donc d’embryon.

Il s’agit d’un trouble relativement rare, environ 1 à 6 femmes sur 22 000 seraient concernées, mais qui peut avoir de réelles conséquences sur la vie des femmes qui en sont affectées.

Quels sont les symptômes d’une grossesse nerveuse ?

Ce qui rend la grossesse nerveuse difficile à déceler, c’est le fait que les femmes qui en souffrent présentent les mêmes symptômes que lors d’une « vraie » grossesse : retard de règles, seins douloureux, prise de poids, nausées, fatigue… Tout y est ! La prise de poids et l’arrêt des règles sont constatés respectivement dans 60 à 90 % et 50 à 90 % des cas. Certaines femmes ressentent des spasmes, qui évoquent pour elles les mouvements d’un fœtus, et d’autres vont même jusqu’à vivre un début de travail (1% des cas).

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A quoi sont dus les symptômes d’une grossesse nerveuse ?

Pour comprendre comment ces symptômes typiques de grossesse peuvent se faire sentir en l’absence de fécondation, il faut d’abord comprendre le lien qui existe entre cerveau et cycle menstruel.

En effet, le système reproductif de la femme fonctionne par rapport à différentes hormones, qui sont sécrétées par le cerveau et qui stimulent ou stoppent les réponses physiologiques adéquates. De fait, un déséquilibre de ces hormones entraîne un dérèglement physiologique.

Les hormones en question ici sont fabriquées dans une région du cerveau appelée l’hypothalamus. Or, en cas de stress important, d’angoisse, de choc émotionnel, ou autre, l’hypothalamus n’est plus en mesure de fabriquer les hormones nécessaires pour faire fonctionner le cycle menstruel normalement. En conséquence, le cycle menstruel est fortement perturbé et des symptômes évocateurs de grossesse peuvent se développer.

Grossesse nerveuse : qui est touché ?

Il est assez difficile de dresser une liste des personnes « à risque » concernant la grossesse nerveuse. S’agissant d’un trouble psychologique, les causes sont aussi variées que les personnes.

Néanmoins, les femmes ayant peur de tomber enceintes, et celles qui, à l’inverse, ont un très fort désir d’enfant, peuvent développer une grossesse nerveuse.

Dans les deux cas, la peur ou l’envie prennent le dessus sur la raison et sur la réalité, jusqu’à créer une réaction physiologique et le développement de symptômes de grossesse. La grossesse nerveuse peut toucher les femmes jeunes ou mûres, sans distinction. Il est également possible qu’une femme désire avoir un enfant, mais ait peur de la grossesse, parfois de façon inconsciente, et la grossesse nerveuse devient alors une façon pour elle de se confronter à ses peurs sans qu’il n’y ait d’enfant.

Enfin, une femme souffrant de désordres hormonaux ou d’un dysfonctionnement des ovaires peut avoir parfois l’impression d’être enceinte et faire une grossesse nerveuse.

Grossesse nerveuse et contraception

Il est à noter que certaines contraceptions hormonales comme la pilule réduisent très grandement le risque de faire une grossesse nerveuse puisque les règles apparaissent systématiquement en fin de plaquette et en l’absence d’embryon. Par contre, d’autres contraceptifs hormonaux tels que le stérilet hormonal ou encore l’implant peuvent induire des aménorrhées (absence de règles) plus ou moins longues.

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Comment diagnostiquer une grossesse nerveuse ?

Le diagnostic d’une grossesse nerveuse n’est pas difficile en tant que tel, il est par contre plus difficile de déterminer la cause de la grossesse nerveuse.

Diagnostic de la grossesse nerveuse

Nous le disions, le diagnostic d’une grossesse nerveuse ne pose pas de problème. Il suffit d’effectuer un test de grossesse, sanguin ou urinaire, pour confirmer ou infirmer la présence d’un embryon. Dans certains cas, une échographie est pratiquée en plus pour « prouver » à la patiente qu’elle n’est pas enceinte.

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Comment en déterminer la cause ?

Ce n’est pas tant le diagnostic qui pose problème que la recherche de la cause. Cette dernière n’est pas toujours facile à déceler, d’autant qu’il s’agit de mécanismes inconscients. Toutefois, déterminer la cause d’une grossesse nerveuse n’est pas toujours une obligation, il suffit en général de réaliser qu’il n’y a pas d’embryon pour que les symptômes disparaissent d’eux-mêmes.

En revanche, si les symptômes persistent, cela peut être le signe d’un dérèglement hormonal d’origine physique et non psychologique, qu’il conviendra de traiter.

Que faire face à une grossesse nerveuse ?

La grossesse nerveuse ne met pas en danger la santé de la femme qui la subit, mais il s’agit par contre d’un trouble psychologique sérieux, qui ne doit pas être pris à la légère.

Une approche psychologique

Une approche psychologique ou psychiatrique est absolument essentielle en cas de grossesse nerveuse. Ce suivi permet, d’une part, d’évaluer l’état psychologique général de la femme, mais surtout de comprendre pourquoi et comment la grossesse nerveuse s’est développée. Si, dans la majorité des cas, la grossesse nerveuse disparaît d’elle-même avec l’arrivée des règles ou bien avec un test de grossesse négatif, il arrive parfois qu’elle persiste. Dans ce cas de figure, le suivi par un psychologue ou un psychiatre est primordial et ne doit pas être négligé. C’est au médecin qui a diagnostiqué la grossesse nerveuse d’orienter la patiente vers un psychologue ou un psychiatre s’il considère que cela serait bénéfique.

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D’autres approches en complément

En dehors d’un suivi psychologique, il est possible d’avoir recours à d’autres méthodes d’accompagnement émotionnel, telles que l’hypnose ericksonienne par exemple. Une ou plusieurs séances d’hypnose peuvent grandement aider à se « reconnecter » avec la réalité et avec son corps, et amener à une prise de conscience plus rapide.

La grossesse nerveuse chez les hommes : le cas de la couvade

Bien que ce soit assez rare, certains hommes peuvent vivre une forme de grossesse nerveuse, qu’on appelle alors « couvade ». Sont généralement concernés les compagnons de femmes enceintes, et là aussi une origine psychologique est à rechercher. Lors d’une couvade, l’homme ressent les symptômes classiques d’une grossesse : nausées, prise de poids, maux de dos, jambes enflées, sautes d’humeur… Et tout disparaît après la naissance. Même s’il n’y a pas de risque pour la santé, il ne faut pas hésiter à en parler à un médecin, qui sera à même d’orienter l’homme vers un professionnel s’il juge cela opportun.

En résumé :

  • La grossesse nerveuse provoque des symptômes identiques à ceux ressentis lors d’une « vraie » grossesse, malgré l’absence d’embryon dans l’utérus.
  • Cela est souvent dû à un dérèglement hormonal, lui-même induit le plus souvent par un choc émotionnel, du stress, de l’angoisse, etc.
  • Le traitement d’une grossesse nerveuse est d’ordre psychologique, il convient donc d’être accompagnée par un psychologue ou un psychiatre.
  • Les hommes aussi peuvent vivre une grossesse nerveuse, on parle alors de « couvade ».